Après de longs moment de silence, elle lui dit...
- (Une cavalière dans la forêt.)
“Dis, tu crois qu'on est perdu ?”
(Son ombre.)“Ah, ça, je n'en sais rien, je ne fais que te suivre."
[silence]
- "mon ombre, je m'ennuie. S'il te plaît raconte moi une histoire
- oki cocote
- Ah non, pas de familiarités, merci bien.
- Si on ne peut même pas se donner des surnoms affectueux après dix huit ans de vie commune...
- C'est pas une raison. Je ne t'appelle pas “mon kiki”, moi. Tu es juste mon ombre.
- C'est charmant. Je dois sans doute me sentir flattée de n'être rien d'autre que cette “chose“...
- Bon, ma vielle, je t'aime bien, bien que tu sois un peu collante (à peine quoi!). Alors s'il te plaît, raconte moi une histoire. Ca fera passer le temps jusqu'à... là-bas.
(L'ombre se gratte la tête d'un air pensif.)- Plutôt une histoire drôle, ou une histoire triste ?
- Une histoire de coeur.
- Ah non, ça, c'est du gâchis, il n'y a rien de pire pour déprimer.
- Oh, mon ombre, te voilà bien pessimiste, d'un coup. Toi, toujours si riante !
- Mouais...
- Rhôô, vraiment, ma vieille, je ne te trouve pas à la hauteur, aujourd'hui. N'oublie pas que tu es censée être l'image de quelqu'un qui a un “ego surdimensionné” !
- ... hum... Dis, connais - tu mumuche?
- tu te fous de moi? un peu que je la connais, c'est moi.
- Non , je veux dire : la connais tu vraiment? Saurais-tu dire exactement ce qu'il y a sur con coeur?
- Euh... Non...
- Mumuche est une jeune fille. Assez étonnante.
- Ah bon? ...
- Oui, elle est brune, peau mate...
- ah oui, en effet, étonnant!!!
- Elle a des joues rondes, des yeux pétillants, marrons, magnifiques.
- Et alors? Ca l'ammène à quoi?
- Elle respire la joie de vivre, beaucoup la décrivent comme étant un soleil ambulant.
- Ca c'est peut-être parce que quand on s'expose trop à moi, on brûle.
- Entre autres... Mais surtout. Surtout. Mumuche à mal au coeur...
- Raconte...
- Mumuche a rencontré son prince charmant.
- Une histoire de coeur banale quoi!
- Mais Mumuche a mal au coeur.
- Ca j'ai compris... mais raconte.
- Mumuche à l'impression qu'à côté des huit année qui les ont unis, elle n'est rien. Elle en souffre, et évite d'aborder le sujet avec Lui, peut etre qu'elle a peur.
(Elle soupire) Mumuche a pourtant l'image d'une jeune femme sûre d'elle, ayant confiance en elle, et jamais ce sentiment de rienitude ne l'avait envahi, jusque là. Il continue à lui parler à Elle, l'autre, celle dont le nom e doit etre prononcé, pour elle c'est comme Voldemor. On n'en parle pas, mais elle est là, elle la sent, elle a mal.
Elle occupe une partie de ses pensées. Pourtant, il dit aimer Mumuche, et elle lui fait confiance, mais elle a mal au coeur. Peut-être car elle sait qu'on ne peut pas "rester ami" avec une personne qu'on a aimé pendant presque une décénie, et qui visiblement essaie de le reconquérir. Elle a mal, elle aimerai qu'il le voie, elle aimerai qu'il arrête. Mumuche a mal au coeur. Sait-il au moins ce qu'elle ressent? Pourquoi ce silence. Mumuche a peur. Peur que cette jalousie la détruise. Elle ne demande qu'une chose, c'est que cela cesse. Oui, c'est vrai, Mumuche reparle aussi à ses anciennes relations, mais rester ami avec quelqu'un à qui elle a donné son coeur lui est impossible. La preuve, Mumuche ne reparle ni à ****, ni à *****, car elle ne peux pas "rester ami" avec la douleur. (Manon, es-tu parvenue à être amie avec pas Pampers? Je suppose que la réponse sera NON maman.)
Il a des messages d'elle dans ce petit boitier qu'il n'a jamais voulu lui prêter. Son téléphone. Un bout de sa vie, de son passé, auquel cette Mumuche qu'il prétend être sa vie ne peut acceder. Mumuche a mal au coeur.
Mumuche a mal au coeur.
Mumuche aimerait que tout cela cesse.
Mumuche aimerait qu'il l'appelle "amour de ma vie".
Mumuche, en huit mois ne rivalisera jamais avec huit années.
Mumuche a mal au coeur.
Mumuche aimerait ouvrir son coeur, mais n'y parvient pas, alors je le fais à travers cette histoire.
Mumuche à mal au coeur, elle aimerait que SON DOCTEUR le soigne.
(La cavalière s'inquiète du silence soudain de son ombre.)- Qu'est-ce qu'il y a, ma vieille ? Tu as perdu ta langue ?
- Non, mais je suis fatiguée. Et regarde, le soleil disparaît derrière cette colline violette, là-bas. Je vais m'en aller à mon tour. Sans lumière, il n'y a pas d'ombre.
- Une colline violette ?
- Was a long and dark December
From the rooftops I remember
There was snow
White snow...
- Tu me laisses seule ?
- On n'est jamais solitaire, ma cocote. On finit toujours face à soi-même. Si tu croise Mumuche, dis le lui. Dis lui d'ouvrir son coeur. Et dis lui d'avoir confiance. En elle même. Aide la, elle a besoin de toi.
(seule encore une fois, la cavalière se retrouve seule)
inspired by Violet Hill, Enguerrand Serrurier http://melancolie-du-soir.blogspot.com



